Look to Sea – Dogs, Humans, Water · Hara Kaminara
Hara Kamiara, artiste Écumes 2023-2024, est soutenue par le Fonds Écumes Dos Mares pour son projet Look to Sea – Dogs, Humans, Water
Hara Kaminara poursuit le tissage de Look to Sea, un projet aux visages multiples porté par une recherche de long cours. Entre pratique artistique, expérimentation et investigation — mêlant, entre autres, anthropologie et archéologie — le projet assemble fragments, matières et capteurs pour composer une mosaïque mouvante de récits et de sensorialités.
Guidée par l’expérience vécue et l’intensité du sensible, sa recherche puise dans l’espace méditerranéen — et plus particulièrement dans le port du Pirée — où les eaux portent des histoires en suspens.
Look to Sea aborde l’histoire et la mémoire comme des matières malléables, loin des narrations lisses et autoritaires. Le projet s’attache à ce qui subsiste dans les marges du paysage : traces ténues, restes discrets, survivances échappant à la visibilité officielle.
Au sein de la résidence, Look to Sea continue de se déployer, laissant émerger des formes nouvelles, fragiles et vibrantes, comme des courants souterrains invitant à regarder autrement ce qui persiste.
Hara Kaminara
Artiste cinéaste et conteuse audiovisuelle, Hara Kaminara développe une pratique construite par le collage, le montage et l’assemblage — des gestes permettant d’explorer la fabrication de récits fragmentés et pluriels. Originaire de Grèce et de Chypre, ayant grandi entre plusieurs lieux, elle habite l’entre-deux : une distance fertile qui nourrit des narrations incomplètes et sensibles.
Sa pratique s’appuie sur l’histoire orale, la mémoire et l’expérience vécue, cherchant traces, vestiges et survivances du passé dans le présent. Influencée par la photographie documentaire et une approche proche de l’anthropologie visuelle, elle interroge les formes de documentation et la constitution d’archives, oscillant entre récits intimes et collectifs. La Méditerranée occupe une place centrale dans ses recherches, comme espace de circulation, de mouvement et de transformations, et comme territoire où les histoires se déposent, se dissipent ou réapparaissent.
Par la répétition d’images, de sons et d’atmosphères, ses projets créent des rythmes qui évoquent la persistance et la transmission des histoires de génération en génération. Elle explore la manière dont les récits circulent à travers différents supports — photographie, dessin, son, film — et sous des formes mobiles telles que l’imprimé, la projection ou la vidéo.
Actuellement engagée dans une recherche-création à l’Université d’Aix-Marseille, Hara Kaminara développe des approches hybrides du récit et de l’image en mouvement. En résidence à Dos Mares, elle continue d’explorer ces zones de frottement où histoires personnelles et mémoire collective se rencontrent, se transforment et se réinventent.











